Parc de la Moline

Marseille[13]


Percé par le passage de l’autoroute urbaine souterraine L2, le plateau de Montolivet, à Marseille, retrouve son âme rurale dans les allées du Parc de la Moline. Superstructure conçue au sommet de la tranchée recouverte, le parc s’étend sur dix hectares au-dessus de l’autoroute.

Révéler le territoire

Entre ville dense et ville résidentielle, le parc de la Moline est conçu comme un canevas singulier reliant patrimoine historique préservé, nature urbaine, axe de circulation douce et espace de libertés. En venant cicatriser la plaie autoroutière il rassemble les aspirations à la fois villageoises et urbaines du 12e arrondissement, révélant par sa composition une identité clairement bucolique et méditerranéenne.

Un printemps permanent

Par le choix de nombreuses essences à feuillage persistant, le parc reste ce lieu fabuleux en chaque saison. De grand paysage ouvert et des vues imprenables, on glisse vers des lieux plus intimistes, cocons de verdure et de fraîcheur, qui invitent au lâcher-prise. Des allées de maître entretenues et alignées, on découvre ensuite les brèches, les passages, les raccourcis dans cette nature luxuriante.

Diversifier les usages

Le paysage est ouvert, les usages aussi. Le parc est pensé comme une mosaïque de pièces de nature protéiformes et libres d’usage. Il accueille aujourd’hui, entre autres, un jardin de papillons et une ferme pédagogique.  Couplé à une voie verte Nord-Sud, il dessine une promenade entre les vallées de l’Huveaune au Sud et du Jarret au Nord, tissant le début d’un réseau alternatif de découverte de Marseille Est.

Donner à respirer

Le Midi méditerranéen possède un climat sans nuance. Il fait beau à Marseille lorsque le Mistral ne souffle pas, mais la situation autrement est intenable, notamment sur les reliefs – et ce, près d’un jour sur trois.

Flaubert disait dans son recueil Voyages : “Le soleil est une chose si belle mais si terrible à Marseille…”. Cette remarque illustre le luxe que peuvent représenter l’ombre et la fraîcheur dans de tels paysages.

De la nature au lien social

Dans le Sud la notion d’espace public est toute relative. Les rues sont traditionnellement non aménagées et simplement fonctionnelles. A Montolivet le contraste est frappant avec l’épaisse canopée des arbres et les plantureuses espèces grimpantes des jardins privés qui débordent sur les chaussées stériles.

Plus qu’un havre de fraîcheur et de paix, dont disposent alors, à domicile, les habitants du quartier, c’est un terreau fertile de liens sociaux qu’apporte un tel aménagement. Courir, flâner, jouer, errer, se reposer, explorer, rencontrer : autant d’activités que génèrent le paysage et qui accompagnent à la construction de la société en ville.

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Lieu : Marseille (13)
Maîtrise d’ouvrage : DDE 13
Concepteurs : Ilex paysage urbanisme (mandataire), Kern & Associés Architecture Urbanisme, CCC (BE VRD),
Dates : 1994-ivraison en 2006
Missions : MOE complète
Surface : 10 ha
Montant prévisionnel des travaux : 3,5 M€/HT

MOLINE PLAN MASSE